Les risques liés à l'utilisation de l'azote gazeux dans l'industrie.
Accidents par asphyxie liés à l’azote et autres gaz inertes
Entre 1992 et 2002 le Chemical Safety and Hazard Investigation Board (US CSB, 2003) a rapporté 85 accidents par asphyxie due à l’azote aux Etats-Unis (US CSB, 2003). Pour l’ensemble de ces accidents, 80 morts et 50 blessés ont été dénombrés.
L’European Industrial Gases Association (EIGA) rapporte quelques 20 décès par asphyxie impliquant des gaz industriels tels que l’azote et autres gaz inertes (argon, hélium,…)
Il n’existe pas de réglementation française particulière relative à la prévention des risques lors de l’utilisation de l’azote dans l'industrie. Pourtant le principal risque lié à l'utilisation de l'azote gazeux reste l'anoxie.
Risques d'anoxie
L'anoxie est due à un appauvrissement du taux d'oxygène présent dans l'air (21% en situation normale) qui en dessous d'un certain seuil provoque différents symptômes pouvant aller jusqu'à la perte de connaissance et même la mort des sujets présent dans la zone. Deux respirations dans une atmosphère pauvre en oxygène peuvent suffire à provoquer une perte de connaissance, la mort pouvant survenir ensuite en quelques minutes L'anoxie est d'autant plus dangereuse que ses effets sur la victime diminuent ses capacités d’alerte et de réaction. En effet, la détérioration de la motricité et des capacités de raisonnement s'accompagne fréquemment d'un état euphorique ou d’un sentiment de bien-être. L’azote, constituant majeur de l’air, n’ayant aucun caractère toxique particulier, aucune valeur limite se rapportant à l’exposition à l’azote en milieu professionnel n’existe. Certains pays ont fixé des valeurs minimales du taux d'oxygène comme le Canada ou les USA mais il n'existe rien de tel en Europe.
Maitriser le risque d'anoxie
La concentration normale de l’oxygène de l’air est de 21% . Il est communément admis qu’à 18,5% les premiers troubles apparaissent et en qu'en dessous de 18%, la sécurité des personnes n'est plus assurée. Il appartient donc à chacun de fixer un taux minimal d'oxygène admissible et de mettre en place des moyens pour:
1- Supprimer ou à défaut, de limiter, le risque d'un appauvrissement du taux d'oxygène dans l'ambiance de travail. 2 - Si le risque d'appauvrissement du taux d'oxygène n'est pas parfaitement maitrisé, il est nécessaire de mettre en place des mesures supplémentaires tel que des dispositifs de surveillance du taux d'oxygène, en fixe ou en portatif. 3 - Règlementer l'accès aux locaux et former le personnel habilité des risques particuliers que présente l'utilisation de l'azote ainsi que de la conduite à tenir en cas d'alarme.
Pour respecter le point 1 il suffit de disposer dans le local d'une ventilation avec un volume d'air neuf rentrant, capable de maintenir un taux d'oxygène > 18% Nous utilisons pour cela en première approche un calcul théorique prenant en compte l'évolution dynamique du mélange AIR / AZOTE en fonction de la durée et du débit de la fuite d'azote, du volune et du taux de renouvellement d'air dans le local.
Cette estimation est basée sur l'hypthèse que le mélange AIR / AZOTE se fera instantanément de manière homogène ce qui dans la pratique peut être différent: - Selon la répartition et la disposition des bouches d'insufflation et d'aspiration de la ventilation - Selon le positionnement de la source d'azote - Selon la différence de température entre l'air et l'azote. Le cas le plus défavorable étant une atmosphère chaude et une injection d'azote froid.
Ces facteurs peuvent être à l'origine de création de poches d'azote notamment en partie basses proche du sol.
La ventilation devient alors une fonction de sécurité importante et la continuité de fonctionnement (disponibilité) doit être contrôlée. Une absence de flux dans les gaine de la ventilation doit provoquer la coupure de l'alimentation d'azote. Le niveau d'intégrité de cette fonction de sécurité sera établi lors de l'analyse de risque, chaque cas étant particulier.